Héritages

A l'International Visual Theater,
7 cité chaptal 75 009 Paris

Pièce en 2 actes écrite par Bertrand Leclair et mise en scène par Emmanuelle Laborit et Estelle Savasta, Héritages est issue d’un travail de résidence débuté en 2008 autour d’un événement marquant de l’histoire des sourds, le congrès de Milan de 1880 et ses conséquences, notamment l’interdiction de la langue des signes.

L'histoire :
Julien Laporte, sourd profond de naissance, revient vingt-cinq ans plus tard dans la maison de famille qu’il a fuie à l’âge de vingt ans. L’héritage qu’il revient liquider, est aussi celui de l’histoire des sourds, notamment du congrès de Milan qui, en 1880, interdit la langue des signes dans l’éducation des sourds pendant près de cent ans.

Le congrès de Milan :
En 1770, l’Abbé de l’Epée créait à Paris la première école pour sourds enseignant la LSF, permettant l’émergence d’une communauté intellectuelle sourde au XIXe siècle : artistes, écrivains, philosophes, professeurs...

À l’occasion de l’Exposition Universelle de 1878, fut organisé à Paris un mini-congrès sur l’éducation des sourds, de telle sorte que presque seuls des enseignants oralistes purent s’y rendre. Il fut suivi, deux ans plus tard, par un congrès tenu à Milan. Enfin, un congrès pour les sourds... mais dont la totalité - sauf un Français et un Américain ! - des cent soixante-quatre congressistes étaient entendants. Les oralistes français et italiens avaient préparé un programme destiné à convaincre les éducateurs entendants qu’il fallait se servir uniquement de la parole dans l’éducation des sourds.
J. Dennison délégué sourd américain, écrit : « Il était clair qu’il y avait eu une préparation préalable minutieuse, de nombreuses répétitions et une organisation très poussée afin de produire l’effet le plus frappant. Il y avait apparemment une absence étudiée d’informations précises et particulièrement cruciales sur les cas qui furent exposés. » (Cité par Lane, Histoire chronologique de la répression, revue Langage n° 56, déc. 1979, p. 92). Un autre observateur ajoute que, très souvent, les élèves questionnés commençaient leur réponse avant que l’examinateur ait achevé sa question.
Suite au congrès, l’interdiction des gestes dans l’éducation des sourds fut votée à l’unanimité des délégués, à l’exclusion des Américains. Pendant cent ans, le congrès de Milan institua une nouvelle éducation oraliste, interdisant la LSF par des moyens illégitimes à la communauté des sourds, ainsi doublement réduite au silence.

billetterie@ivt.fr, http://www.ivt.fr/

IVT Paris